À un peu plus de deux heures de route au nord de Panama City, Portobelo est l’un des principaux villages la côte caraïbe, dans la province de Colón. Ce village tranquille fut autrefois l’un des ports majeurs de l’empire colonial espagnol en Amérique.

Que voir à Portobelo ?

En tant que point de passage stratégique pour l’acheminement de l’or et de l’argent d’Amérique du Sud vers l’Espagne, Portobelo fut, à l’époque coloniale, une cible privilégiée des pirates et des corsaires.

Pour s’en protéger, les Espagnols ont donc construit plusieurs forts défensifs, dont on peut encore admirer les vestiges aujourd’hui. Ces ruines, témoins d’un passé mouvementé, sont d’ailleurs classées au patrimoine mondial de l’UNESCO pour leur grande valeur historique et architecturale.

Se balader dans les ruelles de Portobelo

Portobelo a été notre première étape après quelques jours passés à Panama City. On quitte une métropole moderne et dynamique pour un village pauvre et rustique !

La population sur toute la côte du nord est presqu’exclusivement composée d’afrodescendants. Une exception cependant, ici les rares commerces, comme dans tout le Panama, sont tenus par des chinois, parlant parfaitement l’espagnol.

À Portobelo, les maisons se succèdent le long de 4 ou 5 ruelles tranquilles. Le village est minuscule, et il ne faut pas plus d’une heure pour en faire le tour. Les façades, peintes de couleurs vives, manquent d’entretien : comme dans beaucoup de villages de la région, on ressent ici une forme d’abandon. L’ensemble paraît très pauvre.

Certains sites décrivent Portobelo avec emphase, évoquant sa « beauté naturelle », sa « richesse culturelle », et parlent d’une population investie dans un tourisme durable. C’est évidemment une vision assez éloignée de la réalité.

La prospérité liée au canal de Panama ne se diffuse pas jusqu’à ces côtes. Le contraste avec la capitale est même choquant. Et c’est justement cette simplicité brute qui rend Portobelo attachant. Sans attentes ni à priori, on appércie mieux le charme du lieu.

Le Fuerte Santiago

Le Fuerte Santiago est un incontournable de Portobelo. Dès votre arrivée en voiture, c’est même le premier monument que vous apercevrez, bien avant les premières habitations du village. Pour les visiteurs motorisés, il y a un petit parking juste devant l’entrée.

Construit sur un promontoire rocheux face à la mer, le fort offre de beaux panoramas sur la baie et sur le Rio Cascaja. L’accès est libre.

Sur le terre-plein surélevé, une dizaine de canons d’époque pointent encore vers la mer. De là-haut, on a une vue sur l’ensemble du site, mais ne vous attendez pas à quelque chose d’exceptionnel : le site reste très modeste. On peut voir l’enceinte du fort, et surtout des amoncellements de briques posés sur l’herbe.

Sous la plateforme principale, une petite salle abrite trois chambres plongées dans la pénombre. La visite du fort ne vous prendra pas plus de vingt minutes, au grand maximum.

Fuerte San Jerónimo

Le Fort San Jerónimo est le plus grand des deux forts de Portobelo. Malheureusement, il était en restauration lors de notre passage, ce qui nous a empêchés d’en explorer l’intérieur. Nous avons tout de même pu admirer l’enceinte extérieure, imposante et bien conservée.

Pour avoir une jolie vue d’ensemble,il suffit de longer le fort jusqu’au petit port : de là, vous verrez la façade sur toute sa longueur.

Le Fuerte de San Fernando

Sur la rive opposée, il y a également un troisième fort à visiter, le fort San Fernando. Celui-ci est réparti sur plusieurs niveaux, et il faut emprunter une lancha pour s’y rendre. Vous pourrez trouver un guide au niveau du premier port du village, à l’entrée du fort Santiago.

Le belvédère de Portobelo

On ne l’a pas tenté non plus, mais d’après Google Maps, il y a un belvédère accessible depuis la route, juste au-dessus du fort Santiago, sur la colline d’en face. D’après les photos que l’on peut voir sur Google Maps, ce balcon perché permet de voir tout le village depuis les hauteurs.

Santuario Jesús Nazareno

L’église principale de Portobelo se trouve en plein cœur du village, juste après la Plaza Central. Selon certaines sources, elle aurait été construite au XVIIIe siècle.

Malgré son ancienneté, l’édifice nous a semblé assez sobre, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Mis à part la présence du Christ Noir de Portobelo, derrière une vitre, pas de décorations remarquables ni de sculptures élaborées, mais une atmosphère plutôt simple et austère, fidèle à l’esprit des petites églises coloniales de la région.

A savoir, chaque 21 octobre, Portobelo devient le centre d’un grand pèlerinage religieux : le Festival del Cristo Negro. Des milliers de fidèles venus de tout le Panama convergent vers l’église San Felipe pour rendre hommage à la statue du Christ Noir, figure emblématique de la foi populaire du pays.

Tout au long de la journée, le village se remplit de chants, de processions et d’offrandes. C’est un moment fort de la culture religieuse panaméenne, où se mêlent ferveur, traditions locales et héritage spirituel.

Iglesia San Juan De Dios

Juste derrière, se trouve une autre petite église, elle aussi fermée lors de notre passage. Plus discrète, mais plus charmante que l’église principale, elle s’intègre mieux dans le paysage.

Museo de la Memoria Afropanameña 

Juste derrière la Plaza Central, vous pourrez voir un très grand bâtiment avec des arches, typiques du style colonial. Il s’agit de l’ancien bâtiment des douanes de Portobelo, construit par les Espagnols au XVIIe siècle. Il abrite aujourd’hui le Musée de la Mémoire Afro-Panaméenne.

L’entrée est libre, et curieusement, lors de notre passage, les portes étaient ouvertes, mais il n’y avait absolument personne. Le musée est constitué de deux petites salles, remplies de panneaux explicatifs retraçant l’histoire de la région.

Portobelo est le berceau d’une culture afro-panaméenne unique, héritée des esclaves africains du XVIᵉ siècle. Lors de fêtes bi-annuelles au mois de janvier, le Festival des Congos et des Diables transforme Portobelo en lieu de fête. La culture dite « congo » est d’ailleurs inscrite au patrimoine de l’UNESCO.

Que faire à Portobelo et aux alentours ?

La région de Colón regorge de trésors méconnus, souvent délaissés par les voyageurs étrangers. La ville de Colón elle-même, deuxième plus grande du pays, traîne une mauvaise réputation. Elle n’attire que peu de visiteurs, si ce n’est pour la visite du fort San Lorenzo, beaucoup plus vaste que ceux de Portobelo.

Les plages de Portobelo

Depuis Portobelo, il est toutefois très facile de monter à bord d’une lancha pour partir à la découverte de quelques plages magnifiques, accessibles uniquement par la mer :

  • Playa Huerta, la plus proche, avec le site de plongée d’Isla Drake juste en face,
  • Playa Puerto Francés,
  • Playa Blanca, la plus réputée.

Une quatrième, la Playa Puerto León, apparaît sur Google Maps, mais elle ne semble pas proposée par les bateliers.

Les tarifs varient selon la période… et sûrement selon la tête du client ! Sur Internet, certains voyageurs mentionnent des prix autour de 5 $ pour la première plage (à peine 5 minutes de trajet), ou 20 $ pour la tournée complète des trois plages. Sur place, au petit port près du fort Santiago, on nous a proposé des tarifs bien plus élevés : 25 $ pour Playa Huerta et jusqu’à 100 $ pour Playa Blanca.

Autant dire que nous avons préféré passer notre tour.

Pour simplifier votre visite, des excursions vers toutes ces plages peuvent être réservées à l’avance depuis chez vous, vous évitant ainsi toute organisation sur place.

Venas Azules, la pépite de Portobelo

Si vous en avez l’occasion, ne manquez pas le Venas Azules, sans doute l’une des plus belles excursions à faire dans les environs de Portobelo. D’après les photos disponibles en ligne, l’endroit a l’air magnifique !

Comme vous pourrez le voir sur Google Maps, il s’agit d’un couloir d’eau de mer turquoise entourant l’Isla del Padre. Le lieu ressemble plutôt à une rivière turquoise serpentant entre les mangroves.

Des tours en lancha permettent d’y naviguer et de s’y baigner. Vous pourrez trouver des guides sur place, au port du Fuerte Santiago ou celui de San Jeronimo. Un petit coin de paradis, encore peu connu, qui mérite sûrement le détour. Il y a même un site internet officiel « Venas Azules », sur lequel vous pouvez réserver votre excursion.

Puerto Lindo

Situé à 15 km, ou une vingtaine de minutes en voiture, Puerto Lindo est un petit village pauvre, mais authentique, au charme rustique et sans artifice. La population, exclusivement afro-caribéenne, reflète l’identité culturelle de toute la côte atlantique du Panama.

L’ambiance y est simple et chaleureuse, d’autant que les touristes y sont rares, ce qui rend les échanges plus spontanés.

C’est depuis Puerto Lindo que vous pourrez embarquer pour une excursion en lancha, comprenant :

  • Isla Mamey, l’île paradisiaque par excellence,
  • El Túnel del Amor, un long couloir naturel sous une arche de mangrove,
  • Isla de los Monos, habitée en partie par des singes hurleurs,
  • et les Canales Cristalinos, une réplique des Venas Azules.

Lors de notre passage, l’excursion nous a été proposée à 65 $ pour deux adultes et un enfant, mais nous l’avons négociée à 45 $ directement à l’embarcadère principal, au pied de l’Iglesia San Antonio de Padua. Le départ se fait généralement entre 8 h et 9 h, pour un retour vers 16 h. Vous pouvez aussi négocier le temps à passer sur Isla Mamey, deux heures ou plus, et le guide revient vous chercher pour la suite de l’aventure !

À noter, Isla Mamey est la seule véritable île paradisiaque de la région : sable blanc, eau turquoise, palmiers… Un décor de carte postale à moins de dix minutes en lancha de Puerto Lindo, où l’eau est totalement opaque et marron !

Si vous souhaitez simplement rejoindre Isla Mamey sans excursion complète, comptez environ 4 ou 5 $ l’aller-retour depuis l’embarcadère principal.

La Guaira (21km)

Encore 7 km de route après Puerto Lindo, et vous voilà à La Guaira, un autre village côtier rustique. Celui-ci a l’avantage d’avoir sa propre plage, avec une eau turquoise par beau temps.

Le village lui-même se visite en à peine cinq minutes : quelques maisons éparpillées le long de deux ruelles, et un petit port animé où les jeunes du coin se retrouvent.

Malgré sa simplicité, La Guaira, comme les autres villages de Colon, offre un aperçu du Panama rural, bien loin du luxe et des gratte-ciel de Panama City. On a presque l’impression d’avoir changé de pays !

Isla Grande

C’est depuis La Guaira que partent les lanchas pour Isla Grande, une autre pépite des Caraïbes panaméennes, accessible pour 3 $ l’aller simple par personne.

L’île est entièrement piétonne : de la grande plage à l’ouest jusqu’au phare, il faut moins d’une heure de marche.

Le village est plein de charme, avec des maisons colorées, une population chaleureuse, quelques places sympathiques et surtout une vue magnifique sur la baie.

Si vous êtes dans le coin, c’est une excursion facile, à faire absolument !

Cacique (19km)

Le village de Cacique se rejoint par une route en terre sablonneuse, et boueuse par temps de pluie. Depuis Puerto Lindo, il faut donc rouler doucement, en évitant les nids-de-poule, sur plusieurs kilomètres. Le village est minuscule, il n’y a là aussi que deux rues et quelques dizaines de maisons colorées.

Ce qui fait l’intérêt de Cacique, c’est surtout sa baie protégée par une barrière de corail, à une centaine de mètres du rivage. L’eau y est claire, calme et peu profonde.

La plage de Cacique est en réalité assez réduite. La majeure partie du rivage est bordée par une digue en béton surélevée, ce qui limite l’accès direct à la mer.

Après le banc de sable, un sentier longe la mer et mène à une plage isolée, la Playa Larga. Le chemin continue ensuite vers une petite colline qui fait office de belvédère sur la baie et les environs.

Si vous êtes à Puerto Lindo, ne manquez pas Cacique et sa plage secrète !

Le Parc National de Portobelo

Portobelo est situé au cœur du parc national du même nom, un vaste territoire de plus de 35 000 hectares mêlant forêts tropicales, collines verdoyantes et plages sauvages.

Au sud de Portobelo, les marcheurs peuvent s’aventurer sur le sentier du Salto de los Monos, une randonnée en terrain escarpé qui mène à la cascade du même nom.

Les villages autour de Portobelo

Si vous êtes véhiculés et que vous avez du temps, tous les villages le long de cette côte, jusqu’au territoire Guna (Kula) sont à voir.

Les plus souvent cités sont Palenque et Nombre de Dios. Mais il y a aussi Turtle Cay Marina, Miramar, Cuango, Santa Isabel. Cette région est assez peu documentée sur le web, et mériterait qu’on s’y attarde.

Comment se rendre à Portobelo ?

En voiture de location

Avec votre voiture de location, muni de votre GPS, vous mettrez à peu près 2 heures pour vous y rendre depuis Panama City. N’hésitez pas à visionner la route de Panama City à Portobelo.

En transport en commun

En bus, le voyage se fait en deux étapes, nous ne l’avons pas tenté nous mêmes, donc il vous faudra vérifier les informations sur les forums.

  • Rendez-vous au Terminal de transport d’Albrook (Terminal Nacional de Transporte, à côté du centre commercial Albrook Mall).
  • Prenez un bus en direction de Colón (compagnies Mi Bus ou Expreso Panamá-Colón). Le trajet dure environ 1h30 à 2h, selon la circulation.
  • Descendez à Sabanitas, un grand carrefour avant Colón. C’est là que vous pourrez prendre une correspondance locale.
  • Depuis Sabanitas, prenez un bus ou minibus en direction de Portobelo. Ces bus passent apparemment toutes les 30 à 45 minutes. Il faut compter environ 1h15 de route pour rejoindre Portobelo (la route longe la côte et traverse plusieurs villages).

Dans le cadre d’une excursion à la journée

Si vous manquez de temps, mais que vous souhaitez tout de même découvrir la côte caribéenne du Panama, sachez qu’il existe des excursions à la journée. En voici une liste, le plus souvent au départ de Panama City.

Où dormir à Portobelo ?

Il y a beaucoup de possibilités d’hébergements dans la région, que ce soit à Portobelo même, ou dans les villages voisins. N’hésitez pas à naviguer sur la carte pour vous faire une idée des offres proposées.

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