Santo Domingo est la capitale de la République Dominicaine. La plus grande ville du pays se trouve à l’embouchure de la rivière Ozama, face à la mer des Caraïbes. Depuis sa fondation au XVIe siècle, d’abord première capitale du nouveau monde, cette ville est devenue la ville la plus peuplée de toutes les Antilles.

L’héritage culturel et historique de Santo-Domingo

L’histoire séculaire de cette capitale se lit à travers ses murailles, ses bâtiments coloniaux et son centre historique. C’est de très loin la ville la plus riche culturellement et historiquement parlant. Il faut plusieurs jours pour découvrir tout son centre historique tant il y a à voir. Dans cet article on va tenter de passer en revue les monuments et les places emblématiques de la ville.

La ville nouvelle

Comme on ne peut pas forcément séjourner dans le centre historique, on commence par la ville nouvelle. Tous les quartiers de Ensanche Independencia, Gazcue, Piantini, ou la Zona Universitaria sont réputés sûrs, et sont situés à 20 -30 minutes à pied de la zone Coloniale.

Ici, ce ne sont que des grands bâtiments, des hôtels de luxe faisant face à la mer. Nous avons choisi un hébergement dans l’une de ces tours. Ici, trouver un commerce et un restaurant est plutôt difficile.

Il n’y a que de longues avenues sans intérêt au trafic dense. L’avantage, c’est la proximité avec le centre historique et la possibilité de profiter d’un parking privé et éventuellement d’une piscine !

Le Malecón de Santo Domingo

Depuis ces quartiers, un moyen simple de rejoindre la zona coloniale est d’emprunter le Malecón. Comme dans toute ville d’Amérique du Sud, le Malecón est l’occasion de voir la mer et de beaux paysages. A Santo-Domingo c’est tout le contraire ! Il y a plusieurs plages le long de cette marina :

  • Playa de Anidacion de Tortugas Marinas
  • Playa De Las Tortugas
  • Playa de Güibia

Il y a aussi quelques monuments, comme l’Obelisco de Santo Domingo, le Ministerio de Cultura de la República Dominicana. On trouve aussi de grands espaces de jeux pour enfants comme la Plaza Juan Barón avec tous ses manèges.

La mer à Santo-domingo, une poubelle à ciel ouvert

Le problème avec ce Malecón : si vous venez à pied depuis les rues intérieures, il n’y a absolument aucun passage prévu pour les piétons. C’est à vous de vous frayer un chemin, c’est donc hyper dangereux et stressant, surtout si vous avez des enfants. La priorité au piéton n’existe pas. Autre inconvénient, le trafic hyper bruyant.

Ensuite les plages du Malecón : voyez la photo ci-dessous, ce sont littéralement des poubelles à ciel ouvert. Mais ce n’est pas grave, car le pire se trouve dans la mer. Personne à part des sdf n’ose mettre un pied dans l’eau, tellement elle semble polluée.

Lorsqu’on regarde l’horizon, on voit se dessiner comme un gigantesque arc de cercle autour de la ville, l’eau est marron vert, et d’un seul coup, à des centaines de mètres du rivage, elle redevient bleue. On sent clairement que l’eau est infestée et toxique.

D’ailleurs depuis le Malécon, lorsqu’on scrute la mer, on devine des formes étranges dans l’eau, des choses bizarres flotter à la surface…Il y a bien sûr pire ailleurs (Inde, Chine, Malaisie) mais ca n’en reste pas moins décevant.

La nature est souvent prise pour poubelle en République Dominicaine. On n’a cependant aucune leçon à donner, tout n’est qu’une question d’éducation.

Le Parque Eugenio María de Hostos

Juste après l’obélisque, il y a un grand parc avec des jeux pour enfants, le Parque Eugenio María de Hostos, à la bordure du quartier colonial. De là on peut facilement rejoindre la calle Padre Bellini dont on va parler juste après.

Maintenant qu’on a vu le mauvais côté de Santo-Domingo, on peut se concentrer sur ce qui fait sa richesse.

Le Palacio Nacional de la República Dominicana

Avant d’entrer dans la zone coloniale, vous passerez certainement devant cette immense construction, le Palais National. Reconnaissable à son dôme, il fait d’ailleurs penser à El Capitolio de la Havane ou celui de Washington. Ce monument abrite le gouvernement Dominicain.

L’Avenida Independencia

Sur la longue Avenida Independencia qui relie la ville nouvelle au vieux centre historique, on peut voir déjà quelques petits monuments, comme la petite Iglesia Catedral Episcopal de La Epifanía. Cette église protestante date de la seconde moitié du XXe siècle. Hormis ce genre d’église, les longues rues rectilignes de la zone sont sans intérêt.

Le Cementerio de la Avenida Independencia

Un peu plus loin, l’avenue débouche sur un cimetière datant du XIX et déclaré depuis comme patrimoine historique.

Le Parque Independencia

Le parc de l’indépendance marque géographiquement l’entrée dans la zone coloniale. Décorée de multiples visages à l’effigie des personnages historiques de l’île, cette place se cache derrière des grilles et l’imposante Puerta del Conde.

Dans ce parc il y a aussi un mausolée : l’Altar de la Patria. Juste à côté se trouve un autre vestige de l’ancienne muraille, le Fuerte de la Concepción. Au sud de la place, sur la calle Palo Incado, il y a encore une autre ancienne porte, la Puerta de la Misericordia.

La calle El Conde

La seule rue piétonne de Santo-Domingo, la calle El Conde, part de ce petit parc de l’Indépendance. Cette longue artère commerçante qui remonte à l’époque coloniale, regroupe toutes les enseignes de la ville et traverse tout le centre historique, jusqu’à la calle Las Damas..

Elle fait plutôt populaire, et de notre point de vue n’a pas grand intérêt. Les quelques boulangeries sont hors de prix, et il y a beaucoup de magasins pour touristes vendant des produits made in china. En gros, on y va parce que c’est connu, mais on n’y reste pas.

C’est à son extrémité, après le Parc Colón, que la rue reprend son apparence historique. Sur quelques dizaines de mètre à peine, la rue devient pavée et s’entoure de beaux bâtiments en pierre.

Le Palacio Consistorial de Santo-Domingo et le El Conde historique

Au niveau du Parc Colón, la calle El Conde passe devant beau bâtiment du Palacio Consistorial de Santo Domingo. Ce monument est en fait l’ancienne mairie de la ville. Bâtie à l’origine au début du XVIe siècle, ce serait la plus vieille mairie des Amériques !

Son style néoclassique actuel date du XXe. Aujourd’hui le bâtiment abrite le Museo de la Villa de Santo Domingo.

La calle Padre Billini

La calle Padre Billini est une autre longue artère reliant la ville nouvelle au centre historique. Elle abrite quelques maisons colorées et fait un peu penser aux ruelles de la Havane.

Son principal intérêt, c’est qu’elle mène tout droit au cœur historique, et qu’elle est jalonnée des plus belles églises de la zone : Iglesia y Convento Regina Angelorum, Iglesia de Nuestra Senora del Carmen et Iglesia Conventual de los Dominicos.

Sur la route, plusieurs rues perpendiculaires partent vers le Malecón, et les perspectives avec toutes ces maisons colorées de style colonial sont jolies à voir.

A mesure qu’on se rapproche du vieux centre, l’apparence un peu sale et populaire de la rue laisse place à des bâtiments de plus en plus beaux et à un quartier plutôt bien entretenu.

Iglesia y Convento Regina Angelorum

Cette église à la pierre vieillie du XVIe siècle rappelle fortement la cathédrale de la Havane. Ses couleurs et son apparence sont les mêmes. Ce couvent aurait été le premier des Amériques destiné uniquement aux sœurs franciscaines. Après avoir photographié l’église, parcourez la place, vous pourrez alors prendre un petit café et une délicieuse viennoiserie au Corner Café !

Callejón de Regina

Derrière l’église, la petite ruelle s’enfonce vers le Callejón de Regina, un passage avec une série de maisons fleuries. Un joli coin à l’abri du bruit et de l’agitation de la ville.

Iglesia de Nuestra Senora del Carmen et l’Iglesia Conventual de los Dominicos

Un peu plus loin, face au petit mais très joli Parque Duarte, il y a tout en ensemble de bâtiments anciens à voir. Il s’agit de deux églises qui se font face : l’Iglesia de Nuestra Senora del Carmen et l’Iglesia Conventual de los Dominicos.

L’ église et le couvent dominicains seraient pratiquement les plus anciens bâtiments de tout le continent américain, fondés par l’ ordre des dominicain dès 1510 . A moitié restaurés, on peut toutefois apprécier les couleurs et les vieilles décorations sur les façades.

Quinta Dominica

Juste à côté se cache un véritable petit trésor. Dans le bâtiment de la Quinta Dominica se cache une cour intérieure super jolie, à l’abri des regards et du bruit. On doit passer par une galerie d’art pour arriver dans ce jardin secret, mais pour une petite pause café au calme, ca vaut le détour !

Catedral Primada de America

Mélangeant le style gothique et renaissance, cette cathédrale est sans doute la plus belle de l’île. située dans le Parque Colón, l’église trône au milieu d’un grand espace où l’on trouve le Museo del Larimar, une galerie d’art, la petite Plazoleta de los Curas.

Dans la rue arrière on peut visiter le Museo De la Catedral. Tout le quartier est plutôt chic et mieux entretenu que le reste de la ville.

Le monument est ouvert au public de 9 à 16h30, du lundi au samedi.
Le tarif est approximativement de 60 pesos par tête.

La calle Isabel La Católica

La calle Isabel La Católica est la parallèle à la calle las Damas et longe le Parque Colón. C’est l’une des plus belles rues de la capitale.

Avec une enfilade de maisons colorées, quelques beaux bâtiments comme l’ Arzobispado de Santo Domingo et le Museo del Larimar, cette rue mérite le détour.

A son extrémité, on trouve la Plaza Pellerano Castro ou Parque Rosado, un joli parc tout rose.

La Forteresse Ozama

On arrive ensuite sur la fameuse calle Las Damas. La Fortaleza Ozama qui en occupe une bonne partie est le plus vieux fort des Amériques. Servant aussi de musée, il trône au milieu d’un grand espace vert en bord de rivière, avec El polvorín de la Fortaleza Ozama.

Le fort est ouvert de 9h à 18h30 de lundi à samedi et de 9h à16h le dimanche
Le tarif est dans les 100 pesos

Museo de las Casas Reales

La calle las Damas regroupe les monuments historiques les plus imposants de la ville. Un peu au-dessus de la Fortaleza Ozama, la rue longe le Panteon de la Patria et la petite place attenante Plaza María de Toledo.

La rue se resserre ensuite et débouche sur une grande place avec d’un côté la Reloj de Sol, deux statues originales, et le Museo de las Casas Reales de l’autre. Ici on est vraiment au milieu des vieilles pierres, au coeur du passé colonial de la ville.

Alcázar de Colón

Tout au bout de la précédente place, on arrive enfin à l’immense Plaza de España o de la Hispanidad. C’est là que se trouve le fameux Alcázar de Colón. Cette magnifique demeure aurait été celle du fils de Christophe Colomb. Elle abrite un musée retraçant l’histoire de l’île et de la ville. Tout autour du monument il y a pas mal de musées :

  • le Museo de Cera Juan Pablo Duarte,
  • le Museo De Las Atarazanas Reales,
  • le Museo de Ámbar,
  • et le Museo de la Policía Nacional.

Derrière l’Alcazar on peut voir un bout de la muraille ainsi que la Puerta de Don Diego. On a aussi une vue sur le Terminal Don Diego avec ses bateaux immenses posés sur l’Ozama.

La maison est ouverte de mardi à samedi de 9 à 17h et le dimanche de 9h à14h.
L’entrée est dans les 100 pesos par tête.

Monasterio de San-Francisco

Ces ruines visibles de loin se trouvent dans une partie très populaire du centre historique. C’est le plus vieux monastère des Amériques, bâti au début du XVIe siècle par l’ordre franciscain. N’hésitez pas à en faire le tour, il se dresse au milieu d’une immense pelouse.

De l’autre côté, vous pourrez voir deux terrains de basket à deux niveaux, l’un pour les petits frères, l’autre pour les grands. Un terrain de sport dans un cadre atypique !

La calle Vicente Celestino Duarte

Juste derrière le terrain de basket, il y a une minuscule église, l’Iglesia Adventista Colonia Celestial. A sa gauche, empruntez la calle Vicente Celestino Duarte. C’est selon nous une des plus jolies rues du centre historique.

Elle fait cinquante mètres à peine, mais la rue n’est constituée que de petites maisons en bois de couleur pastel. Elle est difficile à photographier, car tous les locaux sont assis devant leur maison. Il faut donc attendre le bon moment pour pouvoir prendre le cliché !

Le Fuerte Santa Bárbara et la Catedral Castrense de Santa Bárbara

Si au contraire vous partez à droite depuis la petite place, vous tomberez sur le Fuerte Santa Bárbara, et surtout la petite Catedral Castrense Santa Bárbara, une magnifique église catholique dont les origines remontent à 1537.

La calle Hostos et la calle Mercedes

Si vous venez par le sud, la calle Hostos est sans doute la meilleure option pour trouver les ruines du monastère des franciscains. Dans cette rue, vous passerez devant les ruines de l’Hospital San Nicolás de Bari, le plus vieil hôpital des Amériques. Juste à côté une église étonnement blanche et bien entretenue, l ‘église Santuario Arquidiocesano Nuestra Señora de la Altagracia. L’un est en ruine, l’autre semble récent, pourtant ces deux monuments datent à l’origine de 1503 !

La calle Mercedes qui coupe la calle Hostos, était entièrement en travaux lors de notre passage, mais une fois réhabilité, elle fera très certainement partie des plus belles rues de la capitale. Après ce croisement, on est devant l’un des clichés les plus connus de Santo-Domingo, une petite rue en montée pavée, bordée de maisons de couleur.

Le China Town

Tout comme à Cuba, Santo-Domingo cache un minuscule china-town. Reconnaissable grâce à sa porte typiquement asiatique, le china-town de la capitale consiste en une seule portion de rue, au nord de la calle Duarte. Quelques statues chinoises, des lampions, quelques magasins tenus par des chinois et c’est tout. On est ici à quelques blocs seulement du monasterio de san francisco.

Plaza San Miguel

En chemin pour le mercado Modelo que nous allons voir juste après, on passe par une jolie place typique de la zone coloniale. Une petite église, et une jolie place arborée, la Plaza San Miguel.

Le Mercado Modelo

En descendant l’avenida Mella depuis le China Town, vous tomberez sur l’un des grands marchés couverts de la ville, le Mercado Modelo. A l’intérieur et tout autour dans le quartier, il y a des dizaines et des dizaines d’échoppes, de petits magasins qui vendent essentiellement des souvenirs. Le problème, c’est qu’il n’y a aucune diversité, tous vendent les mêmes produits: des peintures, des pierres, des bijoux, des décorations diverses. Et bien sûr, rien ne semble authentique. On avait un peu misé sur ce marché pour découvrir de l’artisanat local, on a été un peu déçu.

La Iglesia Nuestra Señora de Las Mercedes

On reprend maintenant la calle Mercedes pour retourner au petit Parque Independencia et sortir de la zone coloniale. En chemin on passe encore par de jolies places, on voit de belles églises, comme l’Iglesia Nuestra Señora de Las Mercedes, et on longe des maisons typiquement coloniales et colorées.

Impressions sur la Zona Colonial de Santo-Domingo

La zona colonial concentre tous les bâtiments historiques du pays. C’est vrai qu’en dehors de ce quartier, on ne trouve aucun équivalent dans le pays. Toute la richesse culturelle et historique du pays se trouve là. Contrairement à d’autres quartiers historiques en Amérique du Sud (la Havane à Cuba, Antigua au Guatemala, Carthagène en Colombie), ici la délimitation est moins claire. Les quartiers très populaires se mélangent au centre historique, et ce dernier n’est que très peu restauré. Ce n’est pas aussi coloré non plus. Néanmoins, lors d’un séjour en République Dominicaine, cette virée culturelle est clairement incontournable. Comptez au minimum 2 jours pleins sur place.

Vous pouvez aussi découvrir la vieille ville accompagné d’un guide local.

A voir en plus à Santo-Domingo

Los Tres Ojos

De l’autre côté de la rivière Ozama, la capitale recèle un trésor naturel, los Tres Ojos. Situé dans le Parque Mirador del Este, Ce sont trois grands cenotes et un petit lac secret, mais malheureusement, la baignade y est interdite ! Faute de temps, nous ne les avons pas visités. Le Lago de Azufre, Los Zaramagullones, le lago La Nevera et surtout le El Lago de las Damas semblent magnifiques, mais le fait de savoir qu’on ne peut même pas s’y baigner dissuade un peu.

Le tarif était de 100 pesos en 2019, auxquels on peut ajouter 25 pesos pour naviguer sur le 4ème petit lac.
Le parc est ouvert de 9h à 17h tous les jours.

Si vous venez de Punta Cana, des tours aux Tres Ojos sont possibles à la journée.

Il y a aussi des tours guidés de ces grottes avec en plus la visite d’un jardin japonais;

Colombus Lighthouse ou Faro a Colón

Le Mausolée de Christophe Colomb a aussi été rendu célèbre grâce à des clichés instagram. Il s’agit d’un immense bâtiment de plus de 200 mètres de long, à l’architecture originale et très photogénique. Le monument abrite un musée, et une crypte avec des ossements de l’explorateur. D’après certaines sources, il n’y a à ce jour aucune preuve de l’authenticité de ces ossements, contrairement à ceux gardés dans la cathédrale de Séville. Les autorités Dominicaines refuseraient les test ADN, ce qui évidement, laisse planer le doute.

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