Certains connaissent déjà le Viaduc de Gokteik, surnommé la « route de la mort » en Birmanie. Ce pont reflète les vestiges d’une présence coloniale un peu trop ambitieuse pour un pays perdu au cœur de l’Asie.

Le viaduc de Gokteik

Acheter son billet de train

Le trajet entre Hsipaw et Mandalay dure environ 6h30 et coûte 2 750 KY en Upper Class. Sachez que dans cette classe, vous serez entouré uniquement de touristes, et les sièges sont dans un état plutôt médiocre.

En optant pour un billet classique, le prix est deux fois moins élevé. Les sièges sont en bois et plus durs, mais le wagon local offre un charme bien plus authentique.

Il est recommandé de prendre son billet juste avant l’arrivée du train, inutile d’arriver trop tôt. Depuis la ville, il faut traverser les rails, ce qui peut être boueux en période de pluie. L’entrée officielle se trouve de l’autre côté.

Viaduc de Gokteik

Les horaires du train Hsipaw – Mandalay

Voici les horaires du train Hsipaw – Mandalay ( relevés en 2015) :

Il faut être à la gare à 9 heures pour arriver, si tout va bien, vers 22 heures à Mandalay !

Viaduc de Gokteik

L’astuce pour gagner du temps

Vous pourrez descendre vers 16 heures environ à la gare de Pyinoolwin. Plutôt que de continuer en train, prenez un bus (mini-van ou bémo ouvert) pour rejoindre plus rapidement l’ancienne capitale.

Selon la gérante de notre guest house à Hsipaw, couper ainsi le trajet permet de gagner environ 3 heures. On arrive à 19 heures au lieu de 22 heures. C’est une solution très utilisée par les touristes.

Mais vous risquez de le regretter. Ce que l’on appelle “bus” est en réalité un petit bémo ouvert, inconfortable : pendant trois heures, vous subissez le vent, le froid et la pollution.

À notre arrivée à la gare, nous pensions être victimes d’une arnaque : en demandant la “bus station”, nous avons payé 3 000 kyats pour nous y rendre, et nous nous sommes retrouvés le long d’une route, devant trois bémos. Après avoir vérifié notre plan, nous avons compris que c’était bien ça la station de bus.

Commence alors un trajet éprouvant de trois longues heures, sur une route conduite par un vrai fou du volant : accélérations, freinages brusques, dépassements… sans aucun souci pour le confort des passagers.

Au bout de deux heures, on aperçoit enfin au loin la ville scintillant de mille lumières, immense et encore très éloignée.

En précisant votre adresse au complice du chauffeur, resté à l’arrière pour récolter l’argent, le bémo pourra vous déposer directement dans la rue de votre hôtel.

Le trajet jusqu’au Viaduc de Gokteik

Pendant la première partie du trajet en train, les paysages restent magnifiques et dépaysants, comme sur tous les trajets en train à travers la Birmanie.

Le train tangue doucement, un peu comme un bateau sur une mer agitée. Il frôle parfois la végétation, si bien qu’on reçoit régulièrement sur le visage ou les bras des brindilles ou bouts de branches cassés par le wagon.

Il y a plusieurs arrêts avant d’atteindre le viaduc, dans de petites gares souvent non indiquées sur le plan. À chaque halte, descendent et montent plusieurs touristes, rappelant que la Birmanie se visite encore hors des sentiers battus.

Viaduc de Gokteik

L’arrêt du train… et le viaduc de Gokteik

On aperçoit le viaduc apparaître sur la droite, dans le sens HsipawMandalay, au niveau d’un large virage. Le train traverse d’abord deux tunnels, puis s’arrête un instant devant le viaduc, offrant aux passagers une vue impressionnante.

Viaduc de Gokteik
Viaduc de Gokteik

Sur le pont, le train avance à peine à 5 km/h et ne tangue plus. La structure du viaduc n’étant apparemment pas fiable à 100 %, le train progresse très lentement, laissant le temps à chacun de photographier le paysage.

Pendant environ dix minutes, on survole la vallée à plus d’une centaine de mètres de hauteur, entre deux montagnes. Sur la gauche, une rambarde longe le pont ; sur la droite, aucune barrière.

Les portes du train restent ouvertes et accessibles, ce qui signifie que la sécurité dépend entièrement de vous. Ouvrir la porte côté droit vous expose directement au vide : il n’y a aucune protection entre le train et l’abîme, seulement 30 à 50 cm de métal au niveau des roues.

Le paysage est absolument grandiose, avec la montagne qui s’ouvre littéralement sous nos pieds.

Gokteik Viaduc
Gokteik Viaduc

Refaire le trajet en sens inverse

Une fois le viaduc franchi, il est possible de descendre à la gare de Gokteik et de repartir dans l’autre sens pour revivre le trajet depuis l’autre perspective.

Dans notre wagon, quelques Français s’amusaient à faire plusieurs allers-retours, afin de capturer le viaduc sous tous les angles et obtenir les meilleurs clichés possibles.

Le viaduc de Gokteik reste vraiment impressionnant, et les sensations sont au rendez-vous ! C’est définitivement un trajet à faire en train plutôt qu’en bus.

Viaduc de Gokteik
  1. Merci pour ces précisions ! Cela a bien changé on dirait, maintenant on y voit souvent des pancartes incitant les locaux à être accueillant et gentil envers le touriste, comme pour dire « vous êtes le bienvenu ». Cela dit, d’après certains reportages (qui grossissent le trait à coup sûr), certaines régions sont encore comme vous le décrivez, très fermées au regard extérieur..

  2. J’ai fait ce voyage il y a longtemps et à l’époque il était interdit de faire des photos. Un soldat armé était placé dans chaque wagon et il ne regardait pas le paysage mais surveillait les quelques touristes qui voyageaient entre Hsipaw et Mandalay. Il était placé devant la porte ouverte du wagon et de cette manière il pouvait regarder l’extérieur et l’intérieur du train , donc impossible de prendre la moindre photo sans être vu, d’autant que les petits appareils numériques n’existaient pas et qu’avec mes deux moyens-format je ne passais pas inaperçu…

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