El Callejon de Hamel, la Habana

El Callejon de Hamel

El Callejon de Hamel désigne une ruelle dans le centro Habana à Cuba, une ruelle peinte et décorée depuis les années 90 par Gonzales Salvador, un artiste cubain d’origine allemande. Vous trouverez sur place beaucoup d’articles consacrés à l’histoire du lieu et de l’artiste. On est ici à deux pas de l’Université de la Havane.
Même si elle est un peu excentrée, la calle Callejon de Hamel peut tout à fait faire l’objet d’une excursion à pied depuis le centre historique. C’est d’ailleurs une excellente occasion pour découvrir tout le centro Habana.

La visite du Callejon de Hamel

On pénètre dans l’ensemble soit par la rue Aramburu où l’on trouve une entrée avec un écriteau « Callejon de Hamel« , soit par l’arrière depuis la rue Hospital. On lit partout que la rue fait 200 mètres, même 300 mètres, mais en réalité la partie décorée de la rue ne fait « que » 120 mètres. Très resserrée au début, avec ses petits bars et décorations de chaque côté, elle s’élargit petit à petit pour s’ouvrir complètement sur la calle Hospital. Au delà de la rue Hospital, le reste de la rue Callejon de hamel n’est plus vraiment décorée.

Callejon de Hamel

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Des guides improvisés

Dès votre arrivée sur place, vous serez accosté par l’un des nombreux locaux qui s’improvise guide : très subtilement et très gentiment il ne vous lâchera pas d’une semelle pour vous faire visiter les deux bars de la rue, la galerie souterraine où sont exposées certaines œuvres de l’artiste et les autres décorations qui s’étalent de chaque côté des murs.

Votre guide s’improvisera historien de l’art et vous racontera très sommairement les origines et le sens des œuvres, sculptures et autres décorations visibles.
A la fin, ils vous proposera son CD de musique pré enregistré pour 5 CUC. Bien entendu, le service de ces « guides » improvisés est officiellement gratuit, mais ce n’est pas la gentillesse qui les pousse à vous accoster mais bien la volonté et l’espoir de toucher des pourboires. On donne donc 1 ou 2 cuc pour le geste.
Après observation on s’est rendu compte qu’aucun touriste ne traversait les lieux sans être sollicité par les locaux.Tous étaient malgré eux accompagnés.
Notre guide nous lâche, et une fois qu’on lui a donné un pourboire, un autre surgit et recommence le même discours, et nous fait revenir sur nos pas pour retourner voir la galerie.. Il faut donc faire comprendre gentiment aux locaux qu’on n’a pas besoin de leurs services.

Callejon de Hamel

L’artiste Salvador Gonzales

L’artiste lui même habite le quartier, et il est là assis devant le bar. Vous le croiserez sans doute. Le guide nous chuchote presque « regardez c’est lui, c’est Salvador », comme s’il s’agissait d’une icône intouchable, inaccessible qu’il ne faut surtout pas approcher..On en vient à se demander pourquoi les lieux sont gérés de la sorte…sans doute une sorte d’accord entre lui et les habitants, il préserve sa tranquillité, en échange les pseudos-guides locaux cadrent les touristes, sécurisent les lieux et se font au passage un peu de sous ? N’ayant rien de particulier à lui dire ou à lui demander, nous n’avons pas cherché à lui parler, mais il est d’après certains très accessible et très humble. Il est en tout cas une icône ici, et dans le bar vous pourrez voir tout un mur décoré de photos dans lesquelles ont le voit accompagné de stars comme Jimmy Page. Entre les guides et les photos, tout est fait pour nous rappeler ou nous faire croire qu’on est dans un lieu exceptionnel : pour nous en tout cas, cela a produit l’effet inverse.

Callejon de Hamel

Le Callejon de Hamel, hors des sentiers battus?

Le Callejon de Hamel est certes excentré par rapport aux autres attractions touristiques de la ville, mais n’est en aucun cas un lieu « hors des sentiers battus« . Le lieu figure dans tous les guides sur la Havane, et tous les locaux connaissent. Difficile en réalité de parler de sentier battu lorsqu’au bout de même pas deux mètres on est tout de suite sollicité par des pseudos guides et qu’on se sent indirectement obligé de payer la visite. Lors de notre passage, les lieux ne sont pas bondés non plus, mais l’aspect « attraction touristique » est malheureusement bien là.

En cela, la ruelle Callejon de Hamel nous est parue comme l’un des coins les plus désagréables d’un point de vue touristique de toute la Havane. C’est là bien sûr notre ressenti, et c’est à relativiser. Les gens sont gentils, mais c’est dommage car on se sent quelque part obligés d’écouter, de suivre et finalement de donner un pourboire. On est pris par la main quasiment du début à la fin. Peut-être cela dépend des jours et du moment dans la journée.

Il est peut-être plus intéressant de visiter les lieux un vendredi, certains samedi du mois ou le dimanche, pour assister en même temps aux concerts ou aux cours de danse donnés sur place.

Le Callejon de Hamel, un musée à ciel ouvert ?

Si on aime la précision, la finesse et les prouesses techniques, les sculptures et les peintures de l’artiste font plus penser à l’oeuvre d’un débrouillard autodidacte (ce qu’il est) qu’à un véritable artiste.. C’est coloré, original, mais sûrement pas grandiose ni spectaculaire.
Bref, chacun pourra se faire son idée des lieux : on peut lire ici ou là sur internet que l’endroit est exceptionnel, et il semble de bon ton de dire du bien de l’endroit.

Callejon de Hamel

Salvador Gonzales, un artiste hors pair ?

L’artiste est internationalement reconnu par les aficionados, reconnu pour son style afro-cubain, mélange de surréalisme, de cubisme et d’art abstrait comme le rappelle wikipedia.
Critiquer un artiste reconnu par la communauté artistique internationale c’est certainement passer pour un ignorant. On fait effectivement partie des personnes qui ne comprennent pas trop l’intérêt de certaines oeuvres, et qui ne voient par exemple aucune beauté dans le fait de scotcher des baignoires ou d’autres objets du quotidien à un mur. On reconnait l’originalité, c’est amusant et photogénique, mais de là à parler d’oeuvre d’art…on reste un peu sceptique pour notre part.

Callejon de Hamel

Une « attraction » survendue par les agences et les blogs.

Comme pour le White temple à Chiang Rai en Thaïlande, le bouddha park à Vientiane au Laos et bien d’autres endroits dans le monde, on sait que le tourisme local, les guides et les agences de voyages sont capables de faire d’un endroit banal une merveille, car c’est évidemment dans leur intérêt de multiplier les lieux « touristiques » d’une ville pour attirer les curieux. De notre point de vue, cet endroit n’a absolument rien d’extraordinaire et les œuvres de l’artiste sont également loin d’être exceptionnelles.

Callejon de Hamel

Le lien avec la Santeria ?

On pourra lire sur internet  de longues descriptions qui font le corollaire entre ses œuvres et la religion locale, la santeria. Vous noterez sur place qu’une ancienne caisse ou une poussette repeinte, des cordes de piano ou des baignoires scotchées à un mur n’ont aucun rapport avec une quelconque religion. Il faut donc prendre un peu de recul et déceler la réalité de certaines élucubrations littéraires. Il y a d’après ce qu’on peut lire et voir des références à l’univers de la Santeria, mais la plupart des objets et peinture nous semblent plutôt être des expressions artistiques improvisées.

callejon de hamel

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Le quartier du Callejon de Hamel, un quartier authentique ?

Non, le quartier tout autour du Callejon de Hamel n’est pas plus authentique qu’un autre à la Havane..si c’est la pauvreté que vous recherchez, allez tout au sud de la Habana Vieja du côté de la gare, au sud du Capitole autour de la rue Corrales, allez dans toutes les ruelles derrière le Barrio Chino..Allez finalement n’importe où à la Havane..
Le quartier n’est pas plus sale, plus pauvre qu’ailleurs, les gens n’y sont pas plus authentiques qu’ailleurs. Le terme d’authenticité, volontairement repris par les agences de voyage pour faire vendre n’a en réalité aucun sens appliqué aux voyages, aux gens, aux lieux. Les gens ne sont pas plus authentiques parce qu’ils vivent dans la crasse ou loin des touristes !

Callejon de Hamel

Callejon de Hamel

Un sentiment sur le Callejon de Hamel

De notre point de vue, la découverte de tout le centro Habana et parler avec les habitants en chemin nous semble bien plus intéressant que la visite du Callejon de Hamel en elle-même. Allez-y pour la balade. Préparez 1 ou 2 cuc pour le pourboire, mais ne vous attendez pas à quelque chose de grandiose. L’endroit serait certainement juste beau ou original s’il était totalement inconnu et donc désert, mais les conséquences du tourisme et les descriptions outrancièrement fausses et exagérées de voyageurs-blogueurs un peu trop enthousiastes rendent les lieux encore plus décevants. Certains blogueurs, d’après la description qu’ils font des lieux, paraissent naïfs au point de faire croire qu’ils ont découvert la perle rare, on rappelle encore que cet endroit figure dans tous les guides sur la Havane et n’a rien de secret. Un autre endroit intéressant à découvrir et bien plus vaste, est la fusterlandia, un ensemble de maisons (200 au total apparemment) également décorées de mosaïques par un autre artiste international, José Fuster.
En tout cas dans la rue Callejon de Hamel,  vous ressentirez peut-être une certaine oppression, une impression de visite guidée quasi obligatoire. Ceci dit, c’est aussi l’occasion de parler et de poser des questions aux locaux que vous croiserez sur place.

Ci-dessous un « drône cubain » vu par Salvador..comme vous le constatez, pour l’illuminé pour qui tout est art, effectivement Salvador est un grand artiste !

callejon de hamel

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